Comme j’avais promis, voila (en Français) la suite et fin de mon blog à l’occasion de notre weekend aux Folles Journées de Nantes.
Nous avons terminé nos activités du samedi par un concert à 20h 30 - la 2ème symphonie de Schumann dans la salle “Grzymala”. (Toutes les salles aux Folles Journées sont nommées après des compositeurs et des personnalités étroitement liées aux arts. Je sais qu’Albert Grzymala était un noble polonais et un grand ami de Chopin, mais la prononciation de son nom m’échappe! Vous pouvez imaginer comme c’est frustrant d’etre perdu dans l’énorme Cité Internationale des Congrès juste avant la répétition et de ne pas savoir comment prononcer le nom de la salle pour demander de l’aide en la trouvant! Heureusement que je vois Eric Coron, l’un de nos trombonistes qui va dans la direction opposée avec son instrument. Je le suis discrètement…)
Je rentre dans la salle et tout de suite je me rappelle que c’était ici que l’on avait joué la deuxième de Beethoven il y a deux ans. Cette salle dispose de la résonance d’une armoire, et s’il y a une oeuvre qui est encore plus difficile à jouer dans une acoustique sèche que la 2ème de Beethoven, c’est la 2ème de Schumann!!
Cette fois-ci, on a quand même 30 minutes pour le raccord, mais tous nos ajustements ne changent en rien le faite que l’acoustique ne nous aide pas. C’est pour nous tous un concert épuisant, et 45 minutes après la fin du concert je suis encore dans ma loge pratiquement incapable de me bouger. Et encore pire: après une journée si chargée d’activité j’ai toujours du mal à endormir à cause de l’adrénaline! J’endors vers 3h 30….
Dimanche 11h 30: réveille rude par la femme de ménage qui veut vérifier que l’affiche “NE PAS DÉRANGER” sur la porte de ma chambre veut bien dire que je ne veux pas être dérangé.
Nous n’avons qu’un concert aujourd’hui. La reprise du concerto no. 1 de Liszt avec Brigitte Engerer déjà joué la veille, et le concerto pour violoncelle de Schumann avec Henri Demarquette. Enregistrement pour la radio (France je crois). On joue à nouveau dans la grande “Salle Fontana” (2000 places) ou on avait joué le premier concert. Dieu merci! Quelle bonheur aussi de faire de la musique avec Henri. Son Schumann et très poétique et émouvant – surtout le deuxième mouvement- et il joue avec une souplesse qui exige beaucoup de concentration de tout le monde. C’est de la musique de chambre. J’ai hâte de découvrir le Dvorak avec lui en Décembre avec OFJ (L’Orchestre Francais des Jeunes). Ce sera une première pour moi et le jouer en tournée donnera beaucoup de temps pour former notre interprétation.
C’est avec les dernières mesures urgentes et dansantes du Schumann que nous terminons notre weekend aux Folles Journées de Nantes. En mars nous serons à Bilbao pour la reprise. D’ici là j’apprendrai comment prononcer le nom “Grzymala” sans me blesser à la langue…
First day of the Folles Journées for ONBA and my first blog on the orchestra’s website! How exciting! Since I am between concerts I will write this first entry in English. The next one will be in (bad) French…I promise!
It has been two years since ONBA was here in Nantes and then in Bilbao and Japan for this event, and I must say, I had forgotten how completely crazy it is!
9.30: The day starts with a rehearsal with the two soloists for our concerts, the pianist Brigitte Engerer and the cellist Henri Demarquette. Unfortunately, the orchestra’s hotel is just above a late night bar and there was so much noise that the musicians all got about 2 hours of sleep. No way to prepare for such a long day ahead of us.
So we started the Liszt Piano concerto No.1 with much yawning and slightly unfocussed eyes. Despite a night of insomnia, the orchestra rehearsed well, and it was a pleasure to finally meet Brigitte who is great fun to make music with. It was also terrific to see Henri again and to play the Schumann cello concerto. I LOVE that piece, and Henri and I have a nice rapport. We will go on tour together in the winter with the Dvorak concerto!
15.15: The rehearsal in the Salle Fontana is 9 minutes 30 seconds of pure adrenaline trying to touch all the important spots in the Liszt concerto AND the Schumann 4th Symphony. That is the marvellous and terrible thing about this festival. You have NO TIME to think about anything. The quick-fire concerts force you to be spontaneous and live in the moment. It is like trying to do yoga while you are skydiving. Falling and flying, fear and freedom, all at the same time, and there is only the moment. Now, now, now….
ONBA played very well and the audience loved it. Now a little rest, then it’s on to the next concert: Schumann Symphony No. 2. Now, where did I put my parachute….
Cette année lors de la Folle Journée de Nantes, Kwamé Ryan et les musiciens Orchestre National Bordeaux-Aquitaine joueront pour le public, une programmation symphonique Schumann / Liszt, les 30 et 31 janvier.
Le programme complet sur www.follejournee.fr
Samedi 30 Janvier / 15h45 à l’Auditorium Fontana / Concert 155
Orchestre National Bordeaux Aquitaine
Kwamé Ryan, direction
Brigitte Engerer, piano
Schumann – Symphonie n°4 en ré mineur opus 120
Liszt – Concerto pour piano et orchestre n°1 en mi bémol majeur
Samedi 30 Janvier / 20h30 Salle Grzymala / Concert 176
Orchestre National Bordeaux Aquitaine
Kwamé Ryan, direction
Schumann – Symphonie n°2 en ut majeur opus 61
Dimanche 31 Janvier / 14h à l’Auditorium Fontana / Concert 215
“Chopin et la génération 1810″
Orchestre National Bordeaux Aquitaine
Kwamé Ryan, direction
Brigitte Engerer, piano
Henri Demarquette, violoncelle
Liszt – Concerto pour piano et orchestre n°1 en mi bémol majeur
Schumann – Concerto pour piano et orchestre en la mineur opus 54

Partir en tournée est toujours un moment
excitant pour un orchestre. Se mélangent la conscience de devoir faire montre de
notre excellence professionnelle devant un nouveau public et dans des lieux
inconnus et l’effet “colonie” de vacances” à l’idée de partir avec des collègues
et pour certains amis, et ainsi sortir du quotidien, de la famille et des
obligations.
En ce qui concerne la
Suisse, la tournée est courte – 6 jours – et intense, un concert par soir avec à
chaque fois une salle nouvelle. Très différent donc de l’expérience japonaise de
l’année précédente.
Le départ de Bordeaux se fait un matin pour un
concert le soir même à Zurich. Un avion a été affrété spécialement pour
l’orchestre. La tournée est organisée par “Migros” – équivalent Suisse de notre
“Auchan” local – qui sponsorise ce genre d’opérations depuis des dizaines
d’années. Si cela pouvait donner des idées aux grands distributeurs Français!
Nous sommes accueillis à l’aéroport de Zurich
par 2 dames énergiques qui vont nous suivre tout au long de notre séjour et
faire tourner une organisation parfaitement huilée qui ne laisse pas de place à
l’improvisation.
Les concerts ont lieux à Zurich, Saint-Gall,
Montreux, Genève et pour finir La-Chaux-de-Fond. Pour chaque concert, le soirée
est précédée d’un “raccord” d’une heure qui permet à chacun de prendre ses
marques dans un nouvel espace, une acoustique particulière, avec parfois
quelques surprises. Ainsi se voit-on obligé à Saint-Gall de diminuer l’effectif
des cordes, manque de place, le programme nécessitant la présence de 2 harpes,
un célesta et d’un nombre impressionnant et encombrant de percussions dans
Bernstein sur lesquelles on ne peut pas bien sûr faire l’impasse.

